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vendredi 16 mai 2008

Corps et âme , par Lukeria

Collage_hopperbonnard

Enveloppe en photo-collage d'après Hopper et Bonnard

*

Mon tendre amour,

Qu’il fut long et difficile le chemin de l’un vers l’autre, semé d’écueils et de souffrances. Pour parvenir à la Joie.

Cette joie, nous l’avons partagée et rien ni personne ne pourra nous la reprendre. Elle donne un sens à tant d’années traversées ensemble, si repliés sur nous-mêmes, prisonniers de nos fragilités.

Un soir, le temps s’est arrêté. A tout ce qui n’était pas Toi.

Vaincre le désert, j’ai osé marcher pleine de confiance vers un mirage avec cette foi qu’il n’en serait pas un, parce que le moment de croire était venu, telle une évidence. Comme un miracle d’un Dieu bienveillant qui m’habitait depuis toujours, mais qui ne se serait pas encore révélé.

Tu es venu à moi qui t’espérais depuis si longtemps.

Dans la pénombre de la chambre, je t’ai regardé et vu pour la première fois en pleine lumière, cette lumière intérieure qui t’habitait et enveloppait tout mon être.

Nous étions seuls au monde, le monde en cet instant s’était effacé à tout ce qui n’était pas Toi.

Nos corps nus se touchaient, mais ce n’était pas le désir qui me portait, j’étais tellement au-delà, tellement plus loin… A l’écoute de nos âmes qui se parlaient. Je comprenais tout ce que le terme communion recelait de divin. Le divin était en Toi. Nous nous abandonnions entièrement l’un à l’autre comme une suprême offrande.

Cette nuit ne ressemblera à aucune autre… Tu m’as chuchoté tant de mots enfouis depuis si longtemps, puis vint dans un souffle le mot « amour », je me sentais aussi tellement pleine d’amour, pas de cet amour fait de besoin et d’attente, qui enferme, mais un amour pur, détaché de tout, un amour si rare que je restais éblouie de le découvrir avec Toi.

En me perdant si loin et profondément dans ton regard, je t’approchais au plus près de Toi et touchais alors à l’infini.

Nous avons échangé tant de sourires, qui exprimaient la béatitude dans laquelle nous étions plongés.

La musique se faisait partition de tous ces degrés d’émotions que nous ressentions. Et parfois, nous serrant plus fort, les yeux dans les yeux, nous l’accompagnions en chantonnant, pour laisser s’épancher l’allégresse de ces instants magiques.

Mon corps était fluide, qui glissait contre le tien dans le grand lit, harmonie nos bras qui enlaçaient et caressaient, comme deux nageurs de haut niveau qui ne feraient qu’un avec l’élément quand ils atteignent enfin la perfection. La grâce et le bonheur étaient notre élément.

Ces longues heures que j’aurais voulu retenir à jamais m’ont paru si brèves, et si pauvre cette tentative de les restituer.

Peut-on vraiment avec des mots rendre compte de la félicité ?

Lukeria

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Commentaires

Parce qu'à travers ces lignes j'ai retraversé un vécu semblable, oui, les mots peuvent rendre compte de la félicité. Merci...

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